La photothérapie…Une expérience vécue

Dernière mise à jour : 11 juil.

Par Frédérique Mahy | Photographe, enseignante et coache




C’était en 2012…Mon corps m’échappait…Je ne le voyais plus, je ne le sentais plus ; ou plutôt, si, je ne ressentais qu’une souffrance lancinante qui l’étouffait, m’étouffait…J’avais l’impression d’être aspirée vers le néant, sans échappatoire…


Quand un appel salvateur s’est insinué en moi : mon appareil photo me montrait le chemin.

Depuis l’âge de 18 ans, j’aime photographier la Beauté, où qu’elle soit, et surtout chez les personnes : j’ai toujours considéré que tous les êtres humains avaient quelque chose de beau en eux et qu’il était important de le mettre en lumière. Tous, sauf moi ; la plupart du temps, je refusais d’apparaitre sur les images : très jeune, j’ai rendu mon corps invisible, pour diverses raisons.


En 2012, la souffrance avait atteint un tel paroxysme qu’il fallait absolument poser un acte fort pour m’en sortir. Et j’ai posé mon appareil photo sur un pied pour réaliser toute une série d’autoportraits qui voulaient dénoncer la violence subie par les femmes.


Par « hasard », des personnes m’ont encouragée à exposer ces images ; ce qui fut, comme vous vous en doutez, très difficile ; mais j’y suis allée !!! Et quel bonheur : les retours ont été incroyables ! Alors que ce que je voulais dénoncer était « laid » (bien sûr, pas de titre aux images, ni d’interprétation de ma part afin de laisser le « spectateur » y trouver ce qu’il voulait), la plupart voyaient dans les photos de la beauté !!! La beauté surpassait la laideur par la puissance de l’image !!! Quelle découverte !



Outre cette prise de conscience, je devenais visible, et belle, malgré tout, à mes propres yeux, par le biais de l’image ! Autre « déclic » !!!


Empiriquement, j’avais vécu une expérience de « photographie thérapeutique ».

Si cette démarche m’avait fait autant de bien, elle pouvait également aider d’autres femmes, et hommes, à se « voir », à « s’accepter »…voire s’aimer…


Par « hasard », toujours, j’ai rencontré Emilie Danchin, experte en Photothérapie, j’ai participé à ses formations et les ai validées.


Qu’est-ce que la Photothérapie ?


Peu connue en Europe, la photothérapie a été développée par Judy Weiser au Canada et est utilisée dans les pays anglo-saxons et en Italie. C’est un champ très vaste qui utilise l’image comme support à des prises de conscience.


« La photothérapie n'a rien à voir avec la luminothérapie. Elle désigne l'utilisation technique de photographies dans un but thérapeutique. La photothérapie n’existe pas en tant que telle. On devrait parler de techniques de photothérapie plutôt que de photothérapie, c’est-à-dire de techniques d’exploration de ce que les patients voient et ressentent au contact de photographies qu’ils choisissent. Les photographies ne sont pas intéressantes en psychothérapie pour leur valeur artistique, mais parce qu'elles sont non verbales et en prise directe avec l’entièreté de la mémoire affective et corporelle des patients. Les yeux font partie du corps et marquer des temps d’arrêt dans les images avec les patients, favorise une transe sur l’ image photographique. Cela permet d'approfondir un dialogue et une réflexion vivante sur leur histoire tout en précipitant un travail de réminiscence et d’intégration de souvenirs et des émotions lors de séances de travail qui s’avèrent le plus souvent intenses» - Emilie Danchin, formée par Judy Weiser

La photothérapie, ou plutôt, la photographie thérapeutique, telle que je la pratique en tant que photographe, se focalise sur le portrait photographique et se déroule en deux temps.


Dans un premier temps, au cours d’une séance photo en studio, j’accompagne les personnes pour les aider à se (re)connecter à leur corps, à « Etre », à lâcher prise afin de mettre en lumière tout ce qu’elles rayonnent…


Notez que c’est un acte courageux de la part des femmes, ou hommes, qui viennent me trouver : souvent, elles-ils n’apprécient pas leur corps, leur image, mais décident quand même de s’exposer et d’aller à la rencontre de qui elles-ils sont…


Dans un deuxième temps, les images émanant de la séance, désirent amener les personnes à changer de regard par rapport à elles-mêmes, à transformer une vision négative que l’on a de soi en une vision tout empreinte de bienveillance et d’amour, à s’accepter tel.le que l’on est, sous différentes facettes, car, au final, ce corps est la seule maison que l’on habitera toute notre vie sur cette terre : l’apprivoiser, le voir, le reconnaitre dans ses singularités, ses beautés, uniques et particulières, en prendre soin, l’aimer rend le voyage tellement plus agréable…


L’image, au-delà des mots, mène à une prise de conscience qui peut entrainer un (re)gain de confiance en soi, voire d’estime de soi…


Nous sommes plusieurs photographes en Belgique, au sein de l’ASBL Women We Share, à pratiquer la « photothérapie » sous diverses formes, chacune avec notre regard particulier : Cécile Quenum, Nafi Yao, Santina Vaccalluzzo et moi.


La photothérapie, ou la photographie thérapeutique, une expérience à vivre, peut-être…

Intriguée par cette approche, L’ASBL donne un atelier d'une journée de photothérapie en mars. Les inscriptions sont ouvertes.


Nos expositions en cours:

Retrouvez une sélection de portraits issus de l'œuvre Légitimes au cours de l'exposition: “Portraits de femmes. Des récits pour une Histoire”

du 31/03/2022 - 31/08/2022 au Mundaneum

Tout public, prix : 7€/5€/2€

Cliquez ici



Nos ateliers et notre club photo au féminin prennent une petite pause durant les vacances.

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