Se voir



Par: Xaviera Medina


L'accès au numérique vers le soi a entraîné des changements dans la perception de nos corps: les soi sont exécutés et négociés, notre image est surveillée - par nous-mêmes et par les autres - de façon continue. De nos jours, la manière dont nous atteignons notre identité change. La photographie transforme nos perceptions actuelles sur nous-mêmes et agit comme une extension technologique d’une sorte de nouveau personnage expérimental. Visualisés des diverses manières, elles sont omniprésentes et convertis en objets du quotidien (combien de photos avez-vous dans votre teléphone?). Elles sont inextricablement liées aux pratiques mêmes de notre vie quotidienne, des pratiques si routinières que nous n'en sommes même pas toujours conscients (maintenant, combien de photos avez vous de votre repas d'hier? de votre promenade de la semaine dernière? du ciel de ce matin? de votre dessert aujourd'hui?....)


La façon de regarder nos images, est un mode important de subjectivité et d'être au monde (combien de photos avez vous...de vous-même?). Aujourd'hui, les normes qui sont couramment utilisés pour nous définir sont en partie construits et fixés par la photographie ainsi que les relations qu’elle évoque et provoque. La photographie fait ainsi partie intégrante de nos imaginaires culturels qui nous entraînent dans un large éventail de relations sociales. La majorité des images publiques, dont la plupart sont des photographies, nous positionnent et nous organisent sur la base d'exclusions qui trient les différences de genre, de race, de classe, d'âge, de sexualité, etc., ayant des effets réels sur nous, sur notre réflexion sur qui nous sommes, nos besoins et nos attentes.


Dans une perspective émancipatrice, il devient crucial de créer des contre-images et des contre-histoires. Lorsque la culture visuelle dominante ne reflète pas votre expérience, une stratégie courante consiste à créer vos propres images ou à rechercher des alternatives. Reprendre la responsabilité de notre propre image, voilà ce qui est la définition du self-portrait. Un outil sous forme d'autonomisation pour les femmes et qui nous offre un espace pour évoquer un changement social.


Une caméra, utilisée de manière très prudente, planifiée et réfléchie, nous permet d'agir, de visualiser notre politique personnelle. Il nous permet de tourbillonner dans le monde, de nous ouvrir à l'autre, de créer un espace subjectif autour de nous pour nous relier à l'autre.


La photographie ne signale pas un arrêt dans le temps, c'est une action qui produira des autres de manière imprévisible. Il conserve son caractère événementiel même après avoir été transféré dans un ordinateur ou imprimé et encadré, fait pour apparaître comme s'il s'agissait du produit final d'un travail. La photographie n'est que le début. Elle est l'outil indéterminé et indéterminable de façons de voir…de façons de se voir.



Self-Portrait: Cécile Quenum

Self-Portrait: Fréderique Mahy



Self-Portrait: Nafi Yao

Self-Portrait: Xaviera Medina


Nos infos:


L’exposition “Légitimes” présenté au Mundaneum c’est fini mais “Portraits de femmes, des récits pour une Histoire” se prolonge avec une nouvelle exposition : “Il y 150 ans … Vive la commune ! La commune de Paris vivait” du 07.09.22 - 20.11. 22

Infos: ici


Nous tenons de notre côté à remercier tous nos visiteurs pour leurs mots, leurs photos et leurs retours.

Nous remercions aussi le Mundaneum pour son soutien et son accueil.

La prochaine exposition “Légitimes” aura lieu en Mars 2023, nous vous reviendrons avec les informations utiles en temps voulu.


Une initiative de l’asbl Women We Share avec le soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles, Chaska ASBL.

En attendant “Légitimes” se transforme et devient, en partenariat avec Culture et Santé, un support pédagogique pour continuer d’insuffler une réflexion sur l’égalité des genres et les obstacles auxquels les femmes et les minorités de genre font face.


Le club photo des femmes:

Les Club photo a démarré en beauté avec une exposition collective de plusieurs membres lors du parcours d'artiste We art XL. Leurs photographies, toujours visibles, ont été imprimées puis collées en extérieur dans les jardins du Meet U.




Merci à :

Myriam Andries et sa série “Quinceañera” la célébration de jeunes filles au Mexique

Frédérique Mahy et sa série: “« Des autoportraits, à en avoir la nausée…”,

Cécile Quenum et sa série issue du livre “Les femmes se rêv’elles” écrit par Cécile Maïchak,

Etna Torres et sa série de portraits de femmes nées au Mexique, habitant la Belgique ‘Entre-deux’ ,

Annick Stelandre et sa série “8 mars 2022. Journée internationale de lutte pour les droits des femmes” et Nafi Yao et sa série “Légitimes”.



Nos articles en vente:

Légitimes, le livre qui reprend l’ensemble des portraits photographiques de ses femmes, collectifs de femmes et personnes non binaire qui font bouger les choses en Belgique était en présentation au salon du livre de Wallonie grâce à Courgette éditions, et on peut vous dire qu’il a rencontré un très beau succès.




Nos impressions photo en tirage limité sont également disponibles sur notre webshop et nous sommes fières car l’une d’entre elle à rejoint la salle d’attente d’un cabinet Gynécologique.

Une très belle idée cadeau pour habiller vos murs de bureaux, de cabinets ou de maisons.


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Mais nous avons également depuis peu notre chaîne YouTube.

Vous y découvrirez des interviews/rencontres de parcours de femmes photographes de tout horizon.


Vous souhaitez rejoindre notre club photo, soutenir nos activités, nos réflexions, grandir avec nous, ou nous faire un don, c’est ici.




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